FRED, PHILOU et Alphonse DAUDET
Monsieur Nanar n’avait jamais eu de bonheur avec ses Moons’joggers.
Il les perdait tous de la même façon: un beau matin, ils mettaient leur tenue, s’en allaient dans les calanques et là-bas le mistral les emportait … Ni les meilleures paëllas, ni la peur de manquer de Ratz, rien ne les retenait.
Cependant, il ne se découragea pas et enrôla deux Figeacois dont on lui avait vanté les mérites et les talents de cuisiniers, ce qui ne gâtait rien à l’affaire.
Ah! Qu’ils étaient jolis, Fred et Philou! Qu’ils étaient jolis dans leur tenue de coureur, avec leur belle casquette toute blanche, leur maillot du FAC, leurs runnings new wave et leur bracelet garmin … Et puis dociles, souriants, participant sans râler, sans mettre les pieds dans l’aligot, des amours de Moons’joggers.

Mais un jour, après maints Marseille Cassis, en regardant les Calanques, ils se dirent: « Comme on doit être bien là-haut! Quel plaisir de gambader dans la bruyère sans ce maudit bitume qui vous écorche les orteils! Et, le lendemain de la course dont ils n’avaient pas pris le départ ( ils n’avaient soi-disant pas pu avoir de dossard…) ils mirent leur projet à exécution.Pendant que monsieur Nanar et les Moons’joggers se reposaient de la soirée de la veille, ils se firent poser en catimini à Luminy.

Quand ils arrivèrent dans les Calanques, ce fut un ravissement général. Les genêts d’or s’ouvraient sur leur passage et sentaient bon tant qu’ils pouvaient. Toute la falaise leur fit fête … Nos deux lotois s’ enivraient d’air marin … plus de dossard, plus de puce, bandana, booster, camelbak … rien qui les empêchait de gambader … de vrais traileurs …

Ils roulaient le long des talus, grimpaient dans les éboulis, fonçaient tête baissée dans la garrigue, escaladaient les pics, descendaient les falaises, en haut, en bas, partout. On aurait dit qu’il y avait des dizaines de Moons’joggers dans les Calanques. C’est qu’ils n’avaient peur de rien Fred et Philou!




Vers le milieu de la matinée, les jambes devinrent plus lourdes, le camelbak plus léger. La faim guettait… le vent fraîchissait…Un instant, devant l’immensité de la pierre et la mer, ils eurent un doute.

Revenez, revenez ! criaient Carine et Christine. Hou! hou! répondait le mistral . 3h 4h 5h le temps passait. Ca y est, se disait Monsieur Nanar, encore deux que je vais perdre. Mais, tout à coup, ils furent là … les Calanques ne les avaient pas avalés !





Plus de 5 heures à batailler en braves Moons’joggers qu’ils étaient … les yeux pleins d’étoiles, de falaises et de mer. Le soir dans les chalets,il se murmurait que d’autres Moons’joggers avaient envie eux aussi de quitter la route pour les Calanques …. Quoiqu’il en soit, Monsieur Nanar était rassuré, ses Moons’joggers reviendraient toujours le soir à leurs chalets . PARDON à ALPHONSE et bien sûr à la chèvre de M Seguin ….
Pour finir, voici le vrai compte-rendu de Philou et lisez le bien si vous voulez vous aventurer dans les Calanques car n’est pas Moons’joggers qui veut !

Trail Calanques Marseille Cassis par Fred et Philou.
Départ des baumettes à Marseille Direction le col de Morgiou et plongée dans la calanque du même nom. On longe le bord de mer avec des montées et des descentes jusqu’au Cap de Sugiton avant de descendre dans la calanque éponyme.
Remontée maintenant avec un fort dénivelé sous, puis sur les falaises des Toits.
Vue sur le cap Morgiou et on plonge vers la calanque de l’Oeil de Verre par un chemin roulant, que du bonheur. Puis, remontée par le Pas de l’Oeil de Verre, LA difficulté du parcours ! ( 400 m de dénivelé positif en 500 m de distance ) . On met les mains, on s’accroche, c’est dur !
On sort sur les falaise de Devenson et on redescend dans un vallon avant de remonter vers le col de l’Oule puis on plonge vers le vallon d’ En Vau avant de déboucher dans cette superbe calanque d’ En Vau.
Demi tour et remontée vers le portalet d’ En Vau pour faire le tour de cette calanque et replonger vers notre nouvel objectif: la calanque de Port Pin. Remontée de Port Pin et redescente vers la calanque de Port Miou, dernière étape avant Cassis.







C’était magnifique, des paysages (et des montées) à couper le souffle, de super descentes et de beaux chemins, du soleil, que du bonheur .
5h d’efforts pour 18 km et 1300 m de dénivelé +.
Sivous y allez, prenez une carte ( les marquages ne sont pas toujours très visibles) de bonnes chaussures de trail pour les cailloux, au moins deux litres d’eau et quelques barres !!!!
